Red Pepper couvre le conflit syrien sur le mode du roman graphique

Le magazine bi-mensuel britannique Red Pepper a laissé carte blanche à Jon Sack, journaliste de bande dessinée, pour couvrir le conflit syrien. Si l’on a l’habitude des dessins satiriques dans les journaux, Red Pepper expérimente ici le roman graphique pour traiter l’information.

Capture d'écran de la page : http://www.redpepper.org.uk/syria-the-physio/

Capture d’écran de la page : http://www.redpepper.org.uk/syria-the-physio/

Dans la peau d’un kinésithérapeute

Le journaliste de bande-dessinée Jon Sack relate son expérience à Reyhanli (Turquie) ville située à moins d’un kilomètre de la Syrie. Pour “The Physio”, Jon se glisse dans la peau de Hassan, un kinésithérapeute qu’il a réellement rencontré lors de son voyage en Syrie. Avant le début de la révolution, Hassan était étudiant à Alep. Quand le campus de son université s’est transformé en véritable champ de bataille, Hassan est resté actif et a participé à des protestations. Il s’est vite rendu compte qu’il était “fiché” et a eu la chance de pouvoir s’enfuir vivant et se cacher.

La bande-dessinée de Jon Sack apporte un souffle nouveau sur le traitement du conflit par les médias. En effet, si la twittosphère s’émouvait la semaine passée du témoignage de la journaliste indépendante italienne Francesca Borri, elle n’a pas été avare en critiques. Accusée de centrer le débat sur son travail au lieu de mettre en avant le conflit, Francesca a depuis rédigé un autre article afin de s’expliquer :  “I want to talk about Syria, not just my role as a freelance journalist“.

Le conflit sans fin et tentaculaire, peine parfois à intéresser le lectorat. Red Pepper a su contourner – momentanément – le problème en proposant le travail de Jon Sack dont un extrait est disponible en ligne gratuitement. Pour accéder au roman graphique dans son intégralité, il faut s’abonner ou acheter la version papier du bi-mensuel.

“Socialiste, féministe et écolo”

Le projet Red Pepper germe en 1984-85, alors qu’une grève des mineurs secoue la Grande-Bretagne. Peu après la défaite des mineurs, plus de deux mille activistes de tout bord (pro et anti Labour Party, féministes, noirs, homosexuel-elles, écolos…) se rendent à une conférence socialiste à Chesterfield. Lors de la troisième de ces conférences en 1987, les délégués décident de former le Mouvement socialiste (SM). Très vite, le SM décide de créer un journal de campagne non-sectaire appelé “Socialiste”. Il recueille des fonds, provenant surtout de virements permanents mensuels de “supporters” (beaucoup de ces mêmes personnes donnent encore Red Pepper) et Socialiste a été lancé en bimensuel à l’automne 1991. Le projet n’a pas survécu.

Dans un souci d’indépendance, Socialiste lance une nouvelle campagne de financement et parvient à recueillir £135,000. Le magazine devient Red Pepper. Son but : donner une voix audacieuse et attractive à la gauche “indépendante”, qu’elle soit issue de l’intérieur ou de l’extérieur du Labour Party. Red Pepper a été dirigé par Hilary Wainwright depuis 1996, et co-édité par Hilary et Oscar Reyes de 2005 à décembre 2008. Il est désormais édité par un collectif composé de James O’Nions, Emma Hughes, Michelle Zellers et Michael Calderbank. Hilary Wainwright continue de participer à Red Pepper à titre consultatif. Aucun des journalistes actuels n’étant assez vieux pour avoir été impliqué dans le mouvement socialiste, Red Pepper est maintenant passé à une “jeune génération de socialistes” se revendiquant comme “socialiste, féministe, et écolo”.

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