La crise du papier touche les journaux locaux allemands

A Berlin, Hambourg et Munich, les journaux locaux ont perdu près de 30 % de leur lectorat au cours de la dernière décennie. Alors que leur déclin est de plus en plus rapide, les patrons de presse se résolvent à limiter les dégâts et ralentir la chute.

Photo d'illustration http://www.spiegel.de/

Photo d’illustration http://www.spiegel.de/

Il y a une trentaine d’années, le journal Munich Abendzitung tournait à 300 000 copies par jour. Aujourd’hui, la circulation peine à atteindre les 108 000 copies. Une situation similaire à d’autres journaux comme le Berliner Morgenpost, Tagesspiegel, Berliner Zeitung, Hamburger Abendblatt et le Hamburger Morgenpost. Le coup de grâce a eu lieu courant août avec l’annonce de la vente du Hamburger Abdendblatt par le patron de presse Axel Springer. Avec la vente du titre le plus établi du paysage local allemand, les rédacteurs en chef et journalistes ont eu le sentiment, selon Cordt Schnibben du Spiegel “qu’on leur avait violemment claqué la porte au nez”. Springer (qui incarne la troisième plus grande société de médias en Allemagne), ne croit plus en la rentabilité du journalisme.

Pour Arno Makowsky, rédacteur en chef du quotidien local Munich Abendzitung, les journaux ne peuvent plus compter sur le type de loyauté propre au lecteur des décennies précédentes. Selon De Spiegel, la majorité des lecteurs trouvent que le papier est devenu trop cher et se sont tournés vers l’information en ligne et les publicitaires boudent la publicité imprimée.

De Spiegel poursuit en stipulant que, durant les dix dernières années, les quotidiens ont perdu de vue leur rôle premier – “shaping public opinion” – soit donner forme à l’opinion publique. Une info considérée comme scandaleuse ou qui mériterait d’être débattue est maintenant victime d’un va et vient incessant et stérile entre les magazines, les sites internet d’information, la télévision, les médias sociaux (type Facebook et Twitter) et les agrégateurs de contenu comme Google.

Les petits journaux locaux ont encore, en Allemagne, le monopole de l’information. Les grands quotidiens nationaux parviennent encore à garder leur place grâce à de gros scoops. Ce sont les journaux locaux implantés dans de grandes villes comme Berlin, Munich et Hambourg qui souffrent le plus de la compétition avec le numérique.

Selon De Spiegel, les journaux vont devoir apprendre à vivre dans le futur sans les revenus de la publicité. Les publicitaires réservant leur argent aux chaînes de télé, aux fournisseurs d’accès à internet, aux stations de radio ou aux magazines. L’argent qui était distribué aux journaux papiers par la publicité à décliné de moitié depuis les années 2000, les entreprises de publicité préférant s’adresser directement aux consommateurs ou utiliser la télé et internet.

Pour De Spiegel c’est un cercle vicieux : plus le journal perd en circulation, plus il perd de revenus publicitaires.

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